Oscordial

Bien décrire sa situation à l'IA

Tout le dialogue repose sur ce premier texte. Une description qui tient en quatre points — les faits, ce que vous voulez obtenir, ce que vous pouvez céder, ce que vous gardez pour vous — donne à l'IA de quoi travailler dès le premier tour.

Ouvrir un dialogue

Chacun s'exprime de son côté, sans face-à-face, et l'IA fait circuler ce qui rapproche.

Écrivez librement : ce texte vous appartient

Ce que vous écrivez ici reste entre vous et l'IA. Elle en tire ce qui peut rapprocher les deux points de vue, le reformule, et fait circuler cela seul. Vos phrases telles quelles demeurent de votre côté — c'est précisément ce qui permet d'écrire sans se retenir, avec la colère ou la fatigue qui vont avec.

Écrire l'agacement brut a même une vertu : c'est souvent en le posant que l'on voit apparaître ce qui compte vraiment derrière. L'IA lit les deux, et retient le second.

Les quatre choses à dire

1. Les faits

Des dates, des montants, des fréquences, des gestes précis. Un fait se partage ; une appréciation se conteste. « Trois fois depuis mars » ouvre une discussion, « tout le temps » en ferme une.

2. Ce que vous voulez obtenir

Un résultat concret, que l'autre personne pourrait accomplir demain matin. « Que ce soit fini avant fin juin » se traite ; « qu'il prenne ses responsabilités » laisse chacun libre d'interpréter.

3. Ce que vous pouvez céder

C'est le point le plus rentable, et le plus souvent oublié. Une marge annoncée reste de votre côté : l'IA la garde en réserve et l'emploie au moment où une contrepartie se dessine en face. Sans marge déclarée, elle a peu de matière pour construire.

4. Ce que vous préférez garder pour vous

Écrivez-le, puis signalez-le : « cela, gardez-le pour vous ». L'IA le traite comme un point de contexte réservé — utile à sa compréhension, absent de ce qu'elle transmet. Vous obtenez ainsi le meilleur des deux : elle comprend toute la situation, et l'autre personne reçoit uniquement ce qui rapproche.

Cinq exemples

Les descriptions ci-dessous sont des illustrations rédigées pour cette page. Chaque paire montre le même désaccord raconté de deux façons.

Couple — la répartition des tâches

Ce qui laisse l'IA sans prise

« J'en ai assez, je fais tout à la maison et lui s'en moque complètement. »

Ce qui donne prise

« Ensemble depuis six ans, deux enfants de 4 et 7 ans. En semaine, je m'occupe des repas, des devoirs, du linge et des rendez-vous médicaux ; lui gère les courses du samedi et le bricolage. Je travaille à 80 %, lui à temps plein avec une heure de trajet. Ce que je voudrais obtenir : deux soirs par semaine où le dîner et le coucher lui reviennent de bout en bout, et le partage des prises de rendez-vous. Ce que je peux céder : la façon dont c'est fait, même si elle diffère de la mienne, et l'idée d'un partage à la minute près. À garder pour vous : ma sœur me pousse à partir depuis des mois, je préfère laisser cela de côté. »

La première phrase demande à l'autre de plaider coupable ; il cherchera un contre-exemple et le trouvera. La seconde pose des heures, des rôles et une demande chiffrée — et surtout, elle nomme une contrepartie : lâcher le contrôle sur la manière de faire. C'est exactement ce que l'IA fera circuler.

Voisinage — le bruit

Ce qui laisse l'IA sans prise

« Mon voisin du dessus fait un vacarme invivable, ça suffit. »

Ce qui donne prise

« J'habite au 3ᵉ, mon voisin au 4ᵉ depuis janvier. Depuis mars, des déplacements de meubles et des talons entre 23 h et 1 h, environ quatre nuits par semaine ; je me lève à 5 h 30. Je lui en ai touché un mot dans l'escalier en avril, il m'a répondu qu'il travaille en horaires décalés. Ce que je voudrais obtenir : le calme après 22 h 30 en semaine, et des patins sous les pieds de chaises. Ce que je peux céder : le week-end m'importe peu, et j'accepte volontiers deux soirées tardives par mois s'il me prévient. À garder pour vous : je note les horaires dans un carnet depuis avril. »

La deuxième description reconnaît une contrainte réelle chez l'autre — les horaires décalés — et lui ménage une porte de sortie honorable. Le carnet, lui, reste de côté : le sortir trop tôt transforme un voisin en adversaire.

Travail — un collègue

Ce qui laisse l'IA sans prise

« Mon collègue se décharge de tout sur moi et la hiérarchie ferme les yeux. »

Ce qui donne prise

« Nous sommes deux sur le même poste depuis la réorganisation de septembre. Sur les huit dossiers arrivés en octobre, j'en ai traité six. Trois fois, j'ai appris la veille que je reprenais une astreinte prévue pour lui. Ce que je voudrais obtenir : une répartition écrite des dossiers en début de mois, et un délai de 48 heures pour toute demande d'échange d'astreinte. Ce que je peux céder : je prends volontiers les urgences du vendredi, qui l'arrangent mal à cause de son train. À garder pour vous : je passe un entretien ailleurs le mois prochain, cela reste hors du dialogue. »

Six dossiers sur huit, c'est vérifiable ; « se décharge de tout » ouvre un débat sans fin. La marge offerte — les urgences du vendredi — tient compte d'une contrainte que l'autre reconnaîtra immédiatement, et rend la demande de délai bien plus facile à accepter.

Travaux — un artisan

Ce qui laisse l'IA sans prise

« L'artisan m'a laissé tomber en plein chantier, je veux récupérer mon argent. »

Ce qui donne prise

« Devis signé le 3 février pour la réfection d'une salle de bains, 6 400 € TTC, acompte de 2 100 € versé le 10 février. Chantier ouvert le 2 mars, arrêté le 18 mars : la faïence est posée, la douche reste à raccorder et le sol à carreler. Deux appels et un message le 5 avril, sans retour depuis. Ce que je voudrais obtenir : une date de reprise ferme et une fin de chantier avant fin juin. Ce que je peux céder : le délai peut glisser de trois semaines contre un planning écrit, et je règle volontiers le solde à l'avancement plutôt qu'à la livraison. À garder pour vous : mon assurance protection juridique m'a déjà répondu. »

Un artisan qui disparaît est presque toujours un artisan débordé. La deuxième description lui offre ce dont il a besoin — de l'air sur le calendrier, de la trésorerie plus tôt — en échange de ce qui compte pour vous : une date. C'est ce genre d'échange que l'IA cherche à construire tour après tour.

Argent prêté à un ami

Ce qui laisse l'IA sans prise

« Je lui ai prêté de l'argent il y a deux ans et il fait mine d'avoir oublié. »

Ce qui donne prise

« J'ai prêté 1 800 € à un ami il y a deux ans, par virement, pour l'aider après la perte de son emploi. Nous avions parlé d'un remboursement dès que sa situation le permettrait, sans fixer de date. Il a retrouvé un poste en janvier. J'ai reçu 200 € en mars, rien depuis. J'en ai reparlé une fois en juin, la conversation a tourné court. Ce que je voudrais obtenir : un échéancier écrit, même étalé sur deux ans. Ce que je peux céder : le montant des mensualités m'importe peu, et j'accepte une pause en cas de coup dur s'il me prévient. À garder pour vous : j'ai appris qu'il est parti en vacances cet été, cela m'a piqué, et cela m'appartient. »

L'absence de date convenue au départ est ici le vrai sujet, et la deuxième description la nomme au lieu de la reprocher. La demande porte sur un calendrier plutôt que sur une somme immédiate : elle reste tenable pour l'autre, donc acceptable.

Ce que l'IA fait ensuite de votre texte

Elle vous pose quelques questions de mise au point — une date qui manque, un montant, l'ordre des événements —, puis rédige un dossier qui résume votre position. Vous le relisez. Tout ce que vous ajoutez au fil des tours vient l'enrichir : un élément qui vous revient au troisième tour compte autant qu'une ligne écrite au départ.

Le titre du dialogue, lui, reste court et neutre : c'est la seule formulation du sujet que l'autre personne découvre en arrivant.

Trois réflexes qui font gagner un tour

Quand se parler directement tourne court

Aborder un sujet à deux sans face-à-face : chacun s'exprime librement de son côté, et l'IA fait avancer l'échange. Vous racontez la situation à une intelligence artificielle, en confidence ; l'autre personne fait de même de son côté. L'IA ne transmet jamais vos mots tels quels : elle reformule et fait circuler ce qui rapproche, jusqu'à ce qu'un arrangement se dessine, que vous validez tous les deux.

Aucune installation. La personne reçoit un lien.

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Questions fréquentes

Faut-il écrire longuement ?

Une dizaine de lignes suffisent pour démarrer. L'IA complète ensuite par ses questions : dates, montants, ce que vous attendez, ce que vous pouvez lâcher. Écrire davantage au départ fait simplement gagner un tour ou deux.

Puis-je écrire avec mes mots, même durs ?

Oui, et c'est même préférable. Ce champ vous appartient : il reste entre vous et l'IA, qui reformule avant de faire circuler quoi que ce soit. Écrire la colère telle qu'elle vient laisse souvent apparaître ce qui compte vraiment derrière.

Comment signaler ce que je préfère garder pour moi ?

Dites-le simplement, par exemple : « cela, gardez-le pour vous ». L'IA le traitera comme un point de contexte réservé, utile à sa compréhension et absent de ce qu'elle transmet. Vous pouvez le faire à tout moment du dialogue.

Faut-il joindre des documents ou des photos ?

C'est utile dès qu'un élément se voit mieux qu'il ne se raconte : un devis, un relevé, une malfaçon, un état des lieux. Vous pouvez envoyer une photo depuis la conversation, et elle disparaît avec le dialogue ou dès que vous la retirez.

Et si j'oublie un élément important ?

Ajoutez-le en cours de route : l'IA tient votre dossier à jour tout au long des tours d'échange. Un élément qui vous revient au troisième tour compte autant qu'un élément donné dès la première ligne.

Faut-il annoncer dès le départ ce que je peux céder ?

Oui, et cela reste de votre côté. L'IA garde cette marge en réserve et l'emploie au bon moment, quand une contrepartie se dessine en face. L'annoncer tôt lui donne de quoi construire ; le taire lui laisse peu de matière.

Pour aller plus loin Comment se passe un dialogue, étape par étape Inviter l'autre personne Toutes les situations expliquées De l'argent prêté à un proche Dire ce qui ne va pas sans blesser